Depuis plusieurs décennies déjà, de grands acteurs d’Internet ont émergé et pris le marché de l’hébergement de données partout dans le monde. Après l’ascension de Amazon au rang de partenaire de grands groupes, il n’a pas rare de trouver des sites Web qui hébergent les données de millions de français sur des systèmes informatiques et datacenters hors du périmètre de contrôle de la France.
Dans l’esprit libertarien d’Internet tel qu’il a été conçu, cela ne pose en principe pas de problème spécifique, mais Internet a largement évolué et aujourd’hui, on peut se poser des questions sous un axe différent. N’est-on pas parvenu à un stade ou les politiques étrangères se sont emparées des données personnelles ?
En 2026, la France a décidé d’avancer ses pions en présentant une ligne politique clairement orientée vers une plus grande souveraineté de ses données, et cela afin de réduire notre dépendance numérique face à la politique concurrentielle de D. Trump, ayant une vision très extraterritoriale et nationaliste. En effet, le climat s’étant tendu entre la France et les Etats-Unis sur différents points, l’Europe et la France en particulier ont décidé de rapatrier les données à protéger vers son territoire. Le découplage du cloud devient donc une argument politique crucial dans un monde de plus en plus dominé par la gestion des données, or l’IA puise l’essentiel de ses capacités de traitement.
En pratique..
La ligne officielle française est de substituer progressivement les briques américaines par des solutions européennes (cloud, OS, outils collaboratifs, IA) dans l’administration et les secteurs régulés. DINUM a par exemple lancé en 2026 une migration massive des postes Windows vers Linux et exigé des plans pour éliminer les dépendances numériques non européennes, tout en remplaçant Teams/Zoom par une solution de visioconférence domestique.
Sachant que les données sensibles de l’état, les données de santé ainsi que celles des opérateurs essentiels situés en France, qui reposent essentiellement sur le Cloud font toutes appel à des fournisseurs qualifiés, un certain nombre d’entre eux ont commencé à quitter des espaces Cloud comme Microsoft Azure au d’autres Hyperscalers d’outre-atlantique.
En 2026, plusieurs acteurs français rappellent qu’une vraie souveraineté comprend trois dimensions cumulatives : souveraineté juridique (opérateur non soumis à des lois extraterritoriales comme le CLOUD Act), souveraineté technique (datacenters et chaîne matérielle européens), et souveraineté des données (données qui ne sortent pas de l’UE, y compris la télémétrie). Un datacenter européen opéré par un hyperscaler US ne coche en général qu’une partie de la case « données », pas la souveraineté juridique ni technique.
Pour les entreprises et administrations, cela se traduit en 2026 par trois grandes options : tout-souverain (SecNumCloud ou datacentre français), hybride (workloads sensibles sur souverain, le reste sur hyperscalers chiffrés BYOK), ou full hyperscaler avec clauses contractuelles renforcées, cette dernière étant de plus en plus contestée pour les acteurs régulés.
De son côté, le patron de la Maison-Blanche n’a pas caché ses intentions de jouer avec les nerfs des acteurs Européens avec des menaces concernant directement ces données extraterritoriales, et de promettre la suspension ou la régulation de ces données, au titre que l’Europe, entre-autres, pratiquait une politique agressive d’exportation de biens vers les Etats-Unis. C’est d’autant plus risible que nous dépendons très largement en Europe de l’infrastructure informatique et des logiciels état-uniens.
Le conflit entre CLOUD Act américain et GDPR/charte des droits fondamentaux européenne reste au cœur des débats, et la France est parmi les États membres les plus critiques vis‑à‑vis du transfert de données vers les États‑Unis, même après les nouveaux cadres de type Data Privacy Framework.
L’Assemblée nationale a d’ailleurs ouvert en 2026 une commission d’enquête sur la souveraineté numérique et la dépendance aux GAFAM, avec des pistes comme l’obligation de cloud souverain pour les données sensibles de l’État, des marchés publics réservés aux fournisseurs SecNumCloud et même une taxation des transferts de données hors UE. Tout cela se lit aussi comme une réponse à la perception d’un rapport de force déséquilibré avec Washington, qui n’hésite pas à utiliser le levier juridique et réglementaire pour défendre ses intérêts industriels.
Ce que l’on peut en conclure
Ainsi, plus la pression s’exerce sur les données issues des secteurs de l’administration, de la santé, de la gestion des territoires en France, en relation avec leur hébergement ailleurs, et plus les prises de décision deviennent urgentes.
A court terme, cela complique la vie des DSI qui doivent organiser des migrations, avec parfois des décisions difficiles, des contraintes de coût et de performances.
Heureusement, nos acteurs français et européens du Cloud proposent aujourd’hui des solutions de remplacement, certes, progressivement, mais durablement. À moyen terme, la politique de la maison blanche accélère ainsi la structuration d’un écosystème cloud/IA européen que Paris présente comme une condition de survie stratégique.
Que proposons-nous ?
Dans le cas de POMCLASS nous avons depuis longtemps choisi une solution souveraine, hébergée en France avec un partenaire fiable de gestion de nos données. Aucun de nos systèmes de stockage ou de gestion de nos données n’est actuellement hébergé sur des plateformes étrangères et nous ne le souhaitons pas.
Notre partenaire d’hébergement et de gestion Safeo a lancé en 2026 une offre « Safeo Open Cloud »/« Open Cloud » présentée explicitement comme un cloud souverain professionnel, hébergé exclusivement en France sur une infrastructure open source, avec six datacenters Tier 3/Tier 4 contrôlés par Safeo. L’entreprise met en avant le fait qu’elle ne dépend plus d’un éditeur américain (sortie de VMware au profit de XCP‑ng/Vates), ce qui est un argument central dans le discours souveraineté (pas de dépendance à des licences ni à des lois extraterritoriales type CLOUD Act).
Safeo a racheté FC Micro en 2025 pour renforcer sa maîtrise de la pile open source et construire une offre managée qui reste sous contrôle français de bout en bout (logiciel, infrastructure, exploitation), ce qui est exactement le type de trajectoire encouragé par les politiques de souveraineté françaises. Ils communiquent aussi sur une disponibilité de 99,99%, GTI 1 h / GTR 4 h, pour se placer comme alternative crédible aux stacks VMware/hyperscalers.
Datacenters, certifications et ancrage souverain
Safeo exploite en 2026 un réseau de six datacenters en France (Île‑de‑France et Rennes), tous au moins Tier 3/Tier 4 et certifiés ISO 27001 et HDS, avec une médaille EcoVadis pour la partie RSE. Le discours officiel de Safeo relie directement cette expansion (salle blanche à Rennes, cloud privé 100% breton dans le passé, etc.) à un objectif de souveraineté numérique, de proximité régionale et de contrôle complet des installations.
Pour coller à l’écosystème souverain français, Safeo a rejoint le groupement Hexatrust, qui regroupe justement des acteurs orientés cybersécurité et cloud souverain; ils ont obtenu cette accréditation début 2026 après un processus entamé en 2025. Ils proposent en plus une offre de cybersécurité managée basée sur HarfangLab (solution EDR française certifiée ANSSI), ce qui les aligne encore davantage avec les attentes ANSSI/NIS2 pour les opérateurs critiques.
Alignement avec les politiques françaises de 2026
Le contexte de crise entre les Européens et les Etats-uniens crée justement un espace de marché que Safeo revendique : hébergeur‑infogéreur français à capitaux français, cloud privé/souverain, certifications sécurité, et offres tournées vers les secteurs régulés (santé, OIV, ETI avec contraintes NIS2/DORA). Le fait qu’ils migrent leur base VMware vers une stack open source souveraine, en partenariat avec Vates/XCP‑ng, est typique des mouvements post‑VMware/Broadcom qui visent à réduire la dépendance aux éditeurs américains dans un cadre de souveraineté.
En résumé, Safeo n’est pas juste « compatible » avec la souveraineté : ils se positionnent commercialement comme un des hébergeurs français qui surfent pleinement sur cette vague (cloud souverain, datacenters français certifiés, stack open source, membership Hexatrust, cyber souveraine).
Quelques liens pour en savoir plus …